30 juillet 2007
Serrault
Dès ce soir,
plusieurs médias bouleversent leurs grilles de pogrammes pour
rendre hommage à l’acteur, décédé dimanche soir à l'âge de 79 ans.
Lundi : sur TF1, 20h50, diffusion de la fiction "Monsieur Léon" de Pierre Boutron.
France 3, 20h50, "L'Avare" de Molière dans lequel Michel Serrault interprète Harpagon puis le film "Nelly et Monsieur Arnaud", ainsi qu'un documentaire de 120 minutes, "Michel Serrault, le portrait", qui sera également rediffusé par France 5, le 1er août, à 15H30.
Mardi : M6, 20h50, "La Cage aux folles" 1 et 2,
Mercredi : sur TF1, diffusion de la fiction "L'affaire Dominici" de Pierre Boutron.
Jeudi : France 5 diffuse "Le Viager", de Pierre Tchernia, et " Garde à vue", de Claude Miller.
Vendredi : sur France 3, 20h50, "Un Coeur oublié", de Philippe Monnier.
Arte diffusera le 9 août à 20H40 "Le fantôme du chapelier", de Claude Chabrol.
25 février 2007
La bande à Bonnot
La bande à Bonnot est trés romancée dans la chanson de Dassin mais c'est surtout une affaire sanglante. En voici le récit
Le 21 Décembre 1911 commence l'épopée de la bande à Bonnot. Ce jour-là quelques illégalistes deviennent les "bandits tragiques". Dans une époque de misère, d'injustice,de luttes sociales sans merci, les premiers criminels en auto vont inscrire en lettres de sang une histoire qui tiendra en haleine une France apeurée devant tant d'audace et désespérée par l'échec de la police.
Ce
21 Décembre 1911 vers 9h du matin, Bonnot, Garnier, Callemin et un quatrième
homme décide de s'attaquer au garçon de recette de la Société Générale rue
Ordener à Paris. Le butin est plutôt maigre des titres et seulement 5000 francs
en espèce. Le garçon de recette est gravement blessé. Le lendemain les journaux
se déchaînent sur la bande. Après avoir abandonné leur automobile à Dieppe, ils
reviennent à Paris, traqués par la police. Ils ne savent que faire, ils errent,
traqués, dans la ville, sans évasion possible, prêts à se faire tuer n'importe
où. Par solidarité, pour partager cette amère joie du risque mortel, d'autres
se joignent à eux: René Valet et Soudy.
A la
veille de Noël Garnier et Callemin trouve refuge chez Kibaltchiche (Victor
Serge) et Rirette Maitrejean deux anarchistes. Quelques jours après leur départ
Kibaltchiche et Rirette sont arrêtés. Tous deux refusent de livrer Garnier et
Callemin.
La bande
ne reste pas inactif. En France et en Belgique, ils tentent avec plus ou moins
de succès un certain nombre de "reprises". Deux armureries sont
pillées à Paris. A Gand, ils volent la voiture d'un médecin. Dans la même
ville, le 25 Janvier, le vol d'une seconde voiture tourne moins bien. Ils sont
surpris par un chauffeur qui est assommé à coups de clé anglaise. Un agent de
police les interpelle. Callemin l'abat. C'est autour d'un certain Eugène
Dieudonné de ce faire arrêté. C'est un anarchiste et Caby le garçon de recette
de la Société Génerale le reconnaît comme son agresseur. Dieudonné nie sa
participation au hold up de la rue Ordener.Dans la nuit du 2 au 3 Janvier 1912
à Thiais, deux vieillards sont assassinés. Puis le 27 Février à Paris à la
suite d'une banale altercation un policier est abattu. Puis le 29 Février le
trio tragique descend un boulanger alors qu'ils tentaient de cambrioler un
pavillon.
Pour les
illégalistes, traqués, affamés, sans secours, devant qui toutes les portes se
ferment, la lutte terrible engagée contre la société ne peut que continuer jusqu'à
l'issue fatale. Ils le savent : tous y resteront. Les illégalistes sont des
bêtes fauves poursuivies par des chasseurs de plus en plus déterminés que la
peur rend courageux. Leurs photos s'étalent dans les journaux. Les têtes sont
mises à prix. Bonnot se devait d'organiser un coup de force inouï. Après avoir
volé une voiture sur la route de Melun et avoir blessé gravement ses passagers,
ils se dirigent vers Chantilly et notamment la banque de la Société Générale.
Garnier, Valet Callemin entre dans la banque revolver au point. Soudy fait le
guet à l'entrée. Le bilan est de deux morts et 50000 frs.
Deux cents
inspecteurs de police se mettent en campagne. La banque offre une prime de cent
mille francs à qui permettra la capture des bandits. Pendant toute une semaine,
les quotidiens donnent la priorité à ce fait divers, avec des pages entières de
photos où se retrouvent pêle-mêle les morts, les blessés et les témoins.Soudy
se fait arrêté à Berck-sur-mer le 30 Mars. Le 7 Avril, Raymond Callemin se fait
arrêté à son tour. Le 24 Avril un dénommé Monier est arrêté, il a participé aux
affaires de Montgeron et de Chantilly. Lors de son arrestation il avait deux
brownings chargés.
Pendant ce
temps Bonnot loge dans un appartement à l'insu de son propriétaire. Fin Avril
Jouin le sous-chef de la sécurité repère Bonnot et tente de l'arrêté. Bonnot
descend le sous-chef de la sécurité et réussi à s'enfuir. Il est blessé au
bras.
Après
l'assassinat de Jouin, Bonnot conçoit sa fuite intelligemment. Il garde une
allure raisonnable. Ne hâte pas le pas. Il arrive ainsi à Paris sans histoire.
Chaque soir, il se met en quête d'un nouvel abri.
Nul ne
doute de sa capture à plus ou moins longue échéance. La décision de le tuer
rallie tous les suffrages. Jamais la police, encouragée par le gouvernement, ne
pense un seul instant prendre vivant son gibier. Bonnot court toujours. Sa
piste semble perdue lorsqu'un pharmacien de Choisy-le-roi déclare qu'il a donné
des soins à un homme blessé à la main et dont le signalement correspond à celui
du fuyard. Effectivement Bonnot trouve refuge chez un anarchiste : Dubois.
Le
Dimanche 28 Avril une quinzaine d'inspecteurs cernent le pavillon de Dubois.
Dubois qui était dans le garage leur tire dessus avant de se faire
abattre. Bonnot se barricade et blesse un inspecteur. Sans être nourri,
le tir l'est tout de même suffisamment pour tenir les policiers en respect et
les obliger à se mettre à l'abri. Ceux-ci pensent que Bonnot n'est pas seul. Le
siège commence. La fusillade a réveillé toute la localité. De choisy,
d'Alfortville, de Thiais et même de plus loin, rappliquent des hommes armés de
carabines, de fusils de chasse. Cinq cents hommes armés sont là disséminés dans
les haies. Le maire de Choisy et le préfet Lépine arrivent.A neuf heures,
arrivent successivement deux compagnies de la Garde républicaine.
De toute
la banlieue, de Paris on continue à affluer vers Choisy. C'est un spectacle à
ne pas manquer.Vingt mille spectateurs accourus en train, en fiacre en auto ou
à pieds. Ordre est donné d'acheminer l'entier régiment d'artillerie stationné à
Vincennes. On demande également une mitrailleuse lourde. Un cordon de
tirailleurs cerne maintenant la maison.
Midi. Il y
a maintenant près de trente mille personnes autour du pavillon. Trente mille
personnes venus assister à l'agonie d'un illégaliste. L'agonie de la bête va
durer des heures. La fusillade ne connaît aucun répit.
Tous les
assiégeants pensent jouer un rôle historique. Ils sont persuadés qu'ils ont à
venger les crimes de Bonnot. On boit, on parle, on s'interpelle, on rit. On le
peut car de son repaire Bonnot n'est pas en mesure d'atteindre tous ces
bravaches et redresseurs de torts de pacotille. Tous ces gens qui hurlent à la
mort, pris individuellement, sont des pleutres et de lâches pour la plupart.
Leur nombre leur donne un sentiment de puissance invincible. Cette foule est
bourreau. Elle a accepté les yeux fermés les récits fantaisistes de la presse
sur Bonnot.
On décide de dynamiter le repaire.Bonnot se sait perdu. Il rampe jusqu'à la table, prend plusieurs feuilles et rédige une sorte de testament. Le siège se fait plus pressant. Le pavillon est dynamité.. Des débris de pierres et de terre frappent Bonnot. Il se réfugie entre deux matelas. Il saigne abondamment. Une nouvelle fois le pavillon est dynamité. Les policiers décident d'entrer dans le pavillon. Après avoir traversé la première pièce, ils débouchent dans la chambre. Bonnot est là. Luttant contre le dégoût, le chagrin et la fatigue, il s'écrie:"salauds". Il a encore la force de tirer trois coups. Les autres ripostent. Peu à peu les taches de sang sur le sol s'élargissent. C'en est fini de l'homme symbole de l'illégalisme. Bonnot a été atteint de six balles. Il arrive à l'Hôtel-dieu où il rejoint à la morgue Dubois. Ce Dubois qui n'était ni un voleur, ni un assassin. tout simplement, un homme fidèle à son idéal anarchiste, fidèle à ses amitiés, et qui a poussé le sacrifice jusqu'à avertit Bonnot par ses cris et à se faire tuer pour son ami.En attendant la police parade et une vente aux enchères se tient sur l'emplacement du pavillon.

Il reste
deux membres de la bande à Bonnot en liberté. Garnier et Valet sont toujours en
cavale. Ils logent dans un pavillon de banlieue à Nogent-sur-Marne. Le 14 Mai
la sûreté les à repéré. Pour éviter la mascarade de Choisy tout a été fixé et
préparé dans le plus grand secret. Ce sera pire. Le pavillon est cerné et les
inspecteurs de la sûreté entre dans le jardin ou ils sont accueillis a coups de
pistolets. Le siège le plus fou de toutes les annales de la criminalité va
commencer. Pour tuer Garnier et Valet, il faudra neuf heures de fusillades
nourries, des centaines de policiers, un bataillon de zouaves sur le pied de
guerre. Sans parler de plusieurs mitrailleuses lourdes mises en batteries.
Durant la fusillade plusieurs inspecteurs de police sont touchés. Un nouveau
bataillon de zouaves, soit trois cents hommes, arrive au pas de gymnastique.
Ils sont salués par les ovations de la foule de plus en plus dense. Deux cents
gendarmes, munis de leurs carabine, se placent en embuscade. Le pavillon est
dynamité, la toiture s'est envolé mais les deux hommes sont toujours là. La
nuit est tombé maintenant. A minuit quarante mille personnes au moins se
massent aux abords du pavillon. Deux compagnies de zouaves supplémentaires
sont dépêchées. On tente de dynamité le pavillon une nouvelle fois sans
succès. Valet et Garnier se déchaîne et un inspecteur est de nouveau tué. A
minuit la troupe arrête le feu faute de munitions. Le ministre de l'intérieur
arrive sur les lieux. Après avoir éventré le pavillon à la dynamite, les
policiers tentent une approche. Tout à coup, c'est la débandade. Garnier et
Valet les mitraillent à bout portant.La fusillade a fait deux blessés. Enfin,
sonne le "cessez-le-feu". Ce sera le dernier.. Soldats, policiers,
pêle-mêle, se lancent à l'assaut. La bousculade est générale. Ils arrivent
enfin dans la pièce ou sont retranchés les deux hors-la-loi. Le spectacle est
hideux. Du sang, partout. Sur le plancher, sur les murs. Des douilles de balles
par centaines. Il est deux heures du matin. Garnier et Valet tentent une
dernière fois de tirer puis sont abattus.
Trois
heures, tout est accompli. Le siège a duré plus de neuf heures. Cent mille
personnes se précipiteront sur les lieux du drames. Le lendemain, les corps
sont jetés dans la fosse commune du cimetière de Bagneux.
Bonnot et
ses lieutenants tués ou assassinés par la police restaient leurs complices
toujours incarcérés. Pour Callemin, Soudy et Monier (il avait hébergé Bonnot),
c'est la peine de mort. C'est également la peine de mort pour Dieudonné. Deux
autres sont condamnés aux travaux forcés à vie. Un autre dix ans puis encore
six ans. Pour Kibaltchiche c'est 5 ans de réclusion.
Les condamnés à mort sont exécutés le 21 Avril. Dieudonné est gracié inextrémis et sa peine commué en travaux forcé à perpétuité.
http://grands.criminels.free.fr/bonnot.html
http://www.bm-lyon.fr/expo/virtuelles/sang/propagande3.htm















